Une semaine de rêve

New York City, 14 au 23 mai 2016

A saisir : location pour six personnes à New York au cœur de l’upper west side, 180$ la semaine. Pas mal, non ? Petit détail, il faut quand même apporter son propre bateau, car pour ce prix, ce n’est pas un hôtel de luxe, mais un corps-mort sur l’Hudson, que l’on a. Et oui, on aurait tendance à l’oublier, mais une semaine à New York en voilier, c’est d’abord une semaine d’escale en bateau comme les autres : se faire secouer par les vagues des ferrys qui passent, subir les interminables trajets en annexe pour débarquer et embarquer, en ayant pris soin de se mettre en ciré de la tête aux pieds si le vent a la mauvaise idée de lever un bon clapot, faire la queue à l’unique douche de la marina, et à l’unique machine à laver (gratuite !), débarquer les poubelles, embarquer les courses, bref, la vie de marins habituelle. Si ce n’est la vue sur Manhattan, les hélicoptères et les avions qui sillonnent le ciel en tous sens, le bruit de la circulation et des sirènes de pompiers, et toutes ces choses qui en font une étape absolument unique dans notre voyage.

Une fois débarqués, nous devenons des bons touristes, un peu moins bien habillés que les autres, peut-être, mais pas moins motivés pour voir le plus possible de cette ville. Ballade le nez en l’air entre les gratte-ciel du financial district ou de midtown, visite du MET et du MoMA, montée en haut de la Freedom Tower toute neuve, traversée à pied du pont de Brooklyn pour finir à 12 dans un petit restaurant de Chinatown, pique-nique dans central park, visite du porte-avions Intrepid, flanqué de ses avions (SR71 Blackbird, F14, Zero…) de son sous-marin et de sa navette spatiale, marche sur la High Line, soirée à Times Square en passant par l’inévitable magasin M&Ms… On en a mangé, des kilomètres à pieds ! Et tout, absolument tout, était super.

 

On a aussi vécu de beaux moments et de belles rencontres, pas forcément écrites dans les guides touristiques. Quand par exemple, pour régler des problèmes administratifs de Krysfil, on se retrouve le dimanche matin avec Renan au fin fond du port de commerce dans le New Jersey et tombons nez-à-nez avec le vainqueur de la transat en solitaire catégorie Multi 50’ qui, comme nous, vient d’arriver et cherche un fonctionnaire disposé à lui établir ses papiers. Le lendemain, on se fera inviter avec les enfants à visiter le bateau d’un autre vainqueur, en catégorie IMOCA cette fois, les bateaux du Vendée Globe. Verdict, malgré 5 mètres de moins en longueur, VITAVI bat à plate couture Banque Populaire dans la catégorie « confort à bord ».

Dans les moments mémorables, notons aussi la matinée à Brooklyn chez Daphné et Benoit, mon copain qui travaille à l’ONU et grâce à qui nous avons pu visiter cette institution, et même manger à la cantine à côté d’un chef indien en costard, mais avec des plumes sur la tête et des peintures de guerre ! Et aussi la visite de ma cousine Stéphanie et son fils Sacha, pour un brunch mémorable à bord, suivi d’une mini-croisière non moins mémorable sur l’Hudson. Et encore, le même dimanche, l’anniversaire de Marion organisé dans le parc devant la marina avec les copains des autres bateaux, Krysfil et Siminoé.

Après cette belle semaine, Krysfil et Siminoé mettent le cap à l’Est et attaquent leur traversée retour en direction des Açores. Nous autres, les gourmands, reprendrons encore une part d’Amérique en prolongeant notre voyage le long du Connecticut jusqu’à Providence, pour retrouver David et Medeva. Ensuite départ en transat début juin, escale aux Açores, et retour en France fin juillet, a priori en Bretagne sud.

photo Stéphanie de Rougé