Welcome to America

Traversée vers Palm Beach, 13-14 avril 2016

Avant de quitter les Bahamas, nous profitons de notre dernière escale pour découvrir une nouvelle curiosité locale, l’ile privée dédiée aux paquebots de croisière. En effet, la petite ile de Little Stirrup Cay où nous jetons l’ancre le 12 au soir n’est ni plus ni moins qu’une salle de jeux pour croisiéristes. Elle appartient à une société de croisière dont les paquebots font escale ici à la journée entre la Floride et les bahamas. Les 2000 passagers débarquent après le petit-déjeuner, passent la journée à la plage ou sur les jet-skis, puis rembarquent dans leur paquebot vers 17 heures laissant l’ile vide. Conséquence : c’est privé et strictement interdit aux autres touristes que ceux du paquebot. Nous qui avions promis une glace aux enfants et espérions avoir du wifi, c’est fichu. Nous arriverons quand même à déposer nos poubelles et nous promener sur la plage après le départ des croisiéristes.

Mercredi 20 à 6 heures du matin : adieu les tropiques, direction : Floride. Après avoir contourné le paquebot qui se prépare à débarquer sa fournée de touristes, nous mettons le cap résolument à l’ouest. Le vent est loin d’être fringant et nous ferons la majeure partie de la journée au moteur, sur une mer d’huile. Eole daigne se réveiller au coucher du soleil et nous filons toute la nuit sous voile, avec juste ce qu’il faut de vent, sur une mer parfaitement plate : le bonheur. Par contre, le coin est tout sauf désert : entre les paquebots, les cargos, les pétroliers et autres pêcheurs, nous avons en permanence 5 à 10 navires sur l’écran AIS, plus quelques feux non identifiés à surveiller (les bateaux qui ne sont pas équipés d’un AIS eux-même).

Le vent tombe au matin, mais c’est trop tard pour nous décourager : bien poussés par le Gulf Stream, nous avons franchi le détroit de Floride et sommes en vue de la côte. Le soleil levant dans le dos, nous embouquons le chenal d’entrée de Palm Beach et ça y est, nous voilà en Amérique !

Nous sommes incroyablement heureux d’arriver là. D’abord, parce que l’arrivée est magnifique, sous le soleil, ensuite parce que depuis bientôt deux ans qu’on en parle, nous avons le sentiment d’un aboutissement important de notre projet, et enfin parce que quand même, qu’on le veuille ou non, l’Amérique, avec un grand A, ça a de la gueule, surtout quand on a traversé l’océan avec ses tripes pour y arriver.

Nous nous posons à la Riviera Beach marina le temps de faire les formalités. L’épreuve redoutée depuis des mois se déroule en fait en quelques minutes à peine. Bonjour – Au revoir, voilà vos passeports et votre « cruising permit », welcome to America, circulez, y-a-rien à voir. Nous qui redoutions une inspection de fonctionnaires pointilleux, étudiant en détail la cuve à eaux noires et cherchant sous nos chaussures des traces de microbes étrangers, on était presque déçus !

[Mise à jour mai 2016]: attention, les douaniers de West Palm Beach sont un peu fainéants et ça peut poser des problèmes pour la suite: il faut exiger un « cruising licence » et ensuite, à chaque fois qu’on change d’état, appeler la douane pour se signaler en donnant le numéro de cruising license. On l’a appris plus tard en se faisant arrêter (gentiment) sur les canaux par des douaniers du Maryland.

Au port, nous tombons sur OLEO, un voilier français que l’on avait déjà repéré de loin en loin aux Bahamas. Du coup, au lieu de partir dans l’après-midi pour remonter les canaux et franchir 6 ponts avant la nuit jusqu’à une hypothétique zone de mouillage, nous restons avec eux au mouillage à Palm Beach avec l’intention de partir tôt le lendemain matin. Pour l’occasion, nous mettons les deux bateaux à couple, et passons une super soirée avec Guillaume et Anne-Sophie, devant les splendides villas ornées de la bannière étoilée qui bordent le plan d’eau. Rien à dire, l’Amérique, ça a de la gueule !