Semaine Bretonne

Peter Island & Tortola, 9-12 mars 2016

Il n’y pas que les blocs de granit de Virgin Gorda, qui donnent aux Iles Vierges un petit côté breton, il y a aussi la météo. Depuis que nous sommes arrivés, nous avons droit à un vent force 5 bon poids, nuit et jour, qui charrie son lot quotidien de nuages et d’averses. Et pour la première fois depuis longtemps, on supporte un petit drap de coton en fin de nuit, c’est dire ! Et puis comme en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour, et là, le spectacle est au rendez-vous. Partout où l’œil se pose, c’est concours de carte postale. 

Poussés par les 20-25 nœuds de Nord Est réglementaires, nous filons mercredi 9, sous génois seul, en direction des iles qui ferment l’archipel vers le sud, en l’occurrence Peter Island. Nous déjeunons au mouillage dans la magnifique Deadman’s Bay, abrités de la houle (mais pas du vent) par la barrière de corail. Nous rejoignons ensuite Great Harbor Bay, qui est un meilleur abri pour la nuit. Petit problème, le fond de la baie est occupé par des dizaines de bouées payantes, et les rares endroits où l’on peut mouiller sont déjà bien occupés. Pour corser l’exercice, les fonds descendent très vite, et les vents tourbillonnent derrière les collines, ce qui fait qu’à 10 mètres près, un emplacement qui avait l’air bon peut devenir très mauvais. Bref, après avoir jeté l’ancre 4 fois, et remonté autant de fois les 30 à 40 mètres de chaîne, nous finissons par quitter cette baie la queue basse pour chercher un meilleur abri sous le vent de l’ile, côté sud. Nous finirons par mouiller (du premier coup !) dans la très charmante Kay Bay, mignonne comme tout, très bien abritée de la mer, avec des fonds réguliers et de bonne tenue : pourquoi n’est-on pas venu directement là ?

Nous restons deux nuits à Peter Island. Les journées sont occupées par l’école, la baignade (tortues, forêt de gorgones, raies, sergent majors…), ou la lecture. Simon, Marion et Agathe passent le plus clair de leur temps libre à pratiquer le Kung-Foussin. Un art martial très particulier, mélange de Kung Fu et de bataille de polochon. Simon, grand maître fondateur de la discipline, rédige les règles et la liste des coups, prépare les carnets individuels de progression, et se consacre à l’entraînement de ses deux jeunes disciples. A l’heure où ce blog est mis sous presse Marion est déjà « médaille orange », et Agathe « médaille jaune ». 

Nous ferons aussi une belle balade sur l’ile. Mais elle est si sauvage qu’on ne pas s’éloigner à plus de 100 mètre de l’endroit où on a posé l’annexe. Qu’à cela ne tienne, la vue, les cactus, les cailloux et autres coquillages valent déjà le détour. Par contre pour le footing, c’est un peu court. C’est le problème récurrent des iles Vierges, les bien nommées. Du coup, Rosy fait des longueurs dans l’eau turquoise, en attendant de pouvoir rechausser ses baskets.

 

Vendredi matin, départ pour Tortola. Nous devons passer par Road Harbor, la capitale, pour trouver des filtres à huiles pour notre moteur. Personne n’avait le bon modèle à St Martin, mais on nous a renvoyé sur un magasin d’ici. Après une belle heure au près dans la brise, nous jetons l’ancre devant le quai des ferrys et débarquons en annexe. Débarquement est le bon mot, car outre l’équipage au grand complet, notre annexe 4 places est lestée d’une semaine de poubelles (très peu de containers, aux iles Vierges), et du fameux « caddie de mamie » au cas où on trouverait un supermarché en route. Coup de bol, il y en a justement un juste à côté du marchand de pièces pour moteur … à 45 minutes de marche de notre point de débarquement. A l’aller, ça va, mais au retour, avec le caddie plein et les 2 sacs remplis en plus, tout ça sous le cagnard, c’est un peu plus dur. Tout est cher ici (même dans le « cash & carry », sorte de LIDL où nous sommes allés), mais on est contents d’avoir regarni le frigo en produits frais.

En début d’après-midi, on quitte le port encombré de Road Harbour pour aller mouiller sous le vent de Buck Island, une petite ile privée collée à Tortola, un peu plus à l’Est. Mouillage très abrité de la mer, mais pas du vent qui souffle à nouveau toute la nuit à 20-25 nœuds. Certes, j’ai plongé pour vérifier la bonne tenue de l’ancre, certes avec 30 bons mètres de chaîne dans 5 mètres d’eau on ne risque pas de déraper, mais quand même, on dormirait mieux avec un alizé un peu plus calme.

Samedi 12, nous repartons à nouveau vent arrière vers les iles du Sud. Vers Norman Island, cette fois, où doit normalement nous rejoindre dimanche l’équipage de Krysfil, que nous n’avons pas vu depuis 4 mois. On a hâte.