C’est reparti !

 

De Saint Martin aux Iles Vierges, 2 au 6 mars 2016

Après 4 semaines à Saint Martin, dont 3 sans safran, nous avons commencé à voir le bout du tunnel à la fin de la semaine dernière, échéance prévue pour le remontage du safran. Comme on y est maintenant habitués, même si on voit la lumière, les derniers mètres du tunnel sont plus souvent semés d’embuches que de pétales de roses. La disponibilité (et l’envie ?) de l’artisan faiblissant à vitesse grand V sur la fin du chantier, c’est finalement moi qui ait terminé le safran, sous son contrôle, à partir du jeudi midi. J’ai ainsi passé une bonne vingtaine d’heures à meuler, poncer, « shaper » (mettre en forme le profil), « strater » (appliquer de la fibre de verre et de la résine epoxy) et peindre. Si le conseil en management ne me motive plus en rentrant, je pourrai toujours m’installer comme fabriquant de planches de surf ! Bref, le safran était finalement ramené à Oyster Pond dimanche après-midi et monté le lendemain lundi. VITAVI est à nouveau opérationnel !

Pour fêter ça, nous quittons Oyster Pond mardi pour deux petites heures de navigation à la voile en direction de l’Anse Marcel, au nord, où nous avions repéré une charmante petite marina, blottie dans son trou d’eau derrière la plage, reliée à l’océan par un minuscule chenal. Nous y passerons deux jours avec l’impression étrange d’être en vacances pour la première fois depuis longtemps. Le bateau n’a aucune avarie importante, nous sommes au ponton avec tout le confort, eau douce et électricité en particulier, la marina est jolie et super calme, et comble du luxe, donne accès à l’immense piscine de l’hôtel voisin. C’est d’ailleurs là que nous passerons le plus gros de notre temps. Pour l’exotisme, quelques gros iguanes se dorent au soleil sur la margelle entre la piscine et le jacuzzi. Ils se laissent même volontiers caresser !

Jeudi 3 mars, pleins d’eau et de carburants faits, nous filons au moteur vers tintamarre, l’ile où nous avions passé 48 heures sur MAUI. Le but de ce mouillage est d’une part de nous amariner avant la traversée vers les Iles Vierges, mais aussi de prendre le temps de plonger pour bien vérifier que rien ne bouge dans l’installation du safran. Aucun problème, tout est bien serré, ça tiendra 30 ans ! J’en profite pour gratter un peu la coque, qui commence à être gentiment recouverte d’algues en tout genre.

Après avoir laissé passer les dizaines de bateau qui participent à la semaine de régate de St Martin, nous appareillons vers 15 heures vendredi pour une traversée d’environ 90 milles à destination des iles vierges. La traversée se fera sous génois seul, au quasi vent arrière. Nous ne sommes pas seuls à rallier les Iles Vierges cette nuit-là. D’autres voiliers zigzaguent comment nous autour de la route directe (qui obligerait à faire du vent arrière pur, moins efficace) et « l’anti-collision » anime les quarts plusieurs fois dans la nuit (avec une bonne marge quand même, pas d’inquiétude). Vers cinq heures, le vent faiblit encore et la progression devient trop pénible, nous terminerons donc au moteur. D’autant que nous visons une arrivée aux Baths, lieu emblématique et protégé des Iles Vierges, où il est plus que recommandé d’arriver tôt le matin pour avoir une chance de trouver une bouée d’amarrage.

Vers 10 heures, nous attrapons ce qui semble bien être la dernière bouée libre, et savourons la beauté du lieu. D’énormes rochers en granit forment un dédale de piscines au bord de l’eau turquoise, entre 2 plages de sable blanc. Une sorte de mélange entre Perros Guirec en Bretagne et Roccapina en Corse, avec les palmiers en plus. A nouveau, ce sentiment d’être en vacances dans les plus beaux endroits de la terre, sentiment qui nous avait un peu abandonné depuis quelques semaines. Les formalités sont faites au bureau d’immigration de Spanish Town, les coffres sont pleins de vivre, les masques et les tubas opérationnels : à nous 2 semaines de rêve aux Iles Vierges !