Deux jours à Tintamarre

Saint Martin, 18-19 février 2016

A force de prendre racine à Saint Martin, nous nous faisons rattraper par les amis qui ont encore leurs safrans, en l’occurrence l’équipage de MAUI, qui débarque sur l’ile mardi 16, au mouillage de Grand Case. C’est l’occasion de retourner, avec eux, au marché nocturne en bord de plage que nous avions déjà expérimenté avec la famille de Rosy quinze jours plus tôt, et de passer un peu de temps ensemble le lendemain à la plage.

Mercredi et Jeudi, nous aurons même la chance de nous faire embarquer en « charter » sur MAUI pour une expédition vers la petite ile de Tintamarre, à quelques encablures à l’Est de Saint Martin. Nous voilà donc à onze sur un bateau, comme à l’ascension quand nous avions emmené les Molimard sur VITAVI. Mais il faut bien le dire, à onze sur un catamaran de 50 pieds, ce n’est quand même pas tout à fait le même niveau de confort. On profite donc de ce beau bateau, et surtout du plaisir de reprendre la mer et retrouver les mouillages de sable blanc, la baignade, les apéros et autres charmes de la croisière antillaise.

Arrivés dans les eaux turquoise de Tintamarre après une bonne heure de navigation, nous découvrons les deux éléments essentiels de la faune locale : les tortues de mer, et les « touristes à tortues ». Le touriste à tortue, outre son accent américain, et sa corpulence associée, se reconnait principalement à la « frite de bain » (les mêmes que pour les bébés nageurs à la piscine le samedi matin) dont il est systématiquement affublé en plus de son masque et de son tuba, l’équipement complet étant fourni par le guide qui les amène sur l’ile par paquets de dix sur son hors-bord puis les jette à l’eau au-dessus d’une tortue. Après réflexion avec Patrick (de Maui), notre hypothèse est qu’un avocat, un jour, a fait fortune en poursuivant le guide pour non-vérification des compétences en natation d’un touriste texan, et que depuis les assurances obligent les guides à imposer cette frite grotesque à tous leurs clients. Les tortues elles, qui n’ont ni avocats ni assureurs, s’en fichent royalement et nagent au milieu de tout ce cirque avec la grâce placide de celles qui en ont vu d’autres.

En fin de journée, le mouillage se vide et c’est le moment de lutter pour récupérer une bouée pour la nuit. C’est un peu comme les places sur le parking d’Auchan, il y a toujours un petit malin en twingo pour vous piquer la place en douce alors que vous aviez ostensiblement mis votre clignotant avant même que le partant ne commence à vider son caddie. Mais la dextérité de Patrick, doublée d’une opiniâtreté toute corrézienne, nous permettent finalement d’attraper une de ces fameuses bouées, dans une manœuvre de « prise de coffre par l’arrière » de toute beauté (pour ceux que ça intéresse, la description de cette manœuvre se trouve dans le cours de Glénans, pas dans le kama sutra).

Pour nous (les parents), c’est la première nuit ailleurs que sur Vitavi depuis le 1er août dernier, et malgré le confort 4 étoiles, mon cœur de skipper s’inquiète un peu pour mon valeureux petit bateau, blessé, tout seul à sa bouée. Les enfants n’ont pas ces inquiétudes et profitent de la nuit, en particulier Camille, qui dormira avec sa copine Alice… sous la tente ! Une bonne grosse tente igloo, montée pour l’occasion sur le trampoline avant du catamaran. Génial !

Le lendemain après-midi, retour au mouillage de Grand Case pour un enchainement de coups de bol auxquels nous n’étions plus du tout habitués ces dernières semaines. Notre voiture de location est toujours sur le parking et n’a pas été fracturée, les 4 pneus sont gonflés (on en avait trouvé un à plat la veille). De retour à la marina, l’annexe est toujours amarrée au ponton, le moteur démarre, Vitavi est toujours à sa bouée, n’a pas été fracturé non plus, et les batteries ne sont pas à plat malgré les nuages qui ont pu minorer le rendement des panneaux solaires. Autant de chance le même jour, on dirait que cette fois-ci, la poisse nous a définitivement quitté. Espérons, en tout cas…

 

Ps : désolé pour l’absence de reportage photo. Notre bel appareil tout neuf n’était tout bêtement pas chargé et, ironie de l’histoire, vendu avec un chargeur pour prise américaine, ce qui ne nous a pas permis de le brancher sur Maui. Pour les fans, vous trouverez quelques photos sur le blog de MAUI.