Info express : Safranus Horribilis

St Martin, le 11 février

Nous avons profité d’être à Saint Martin, ile bien fournie en professionnels, pour s’attaquer au remplacement des bagues de safran, car celui-ci a un peu de jeu depuis le départ. Rien de dramatique a priori, mais nous avons décidé de faire tous les travaux nécessaires pour être 100% en confiance en vue de la transat retour.

Jeudi, 8h30, le soleil brille, on a récupéré les pièces neuves chez le tourneur-fraiseur hier soir, et on s’attaque dans la bonne humeur au remontage avec l’artisan et le plongeur (il faut un plongeur car l’opération s’est faite bateau à flot, et le safran attend tranquillement au fond du port depuis qu’on l’a sorti par en-dessous pour le démontage).

Soudain, cri du plongeur : « arrêtez tout les gars, il y a un gros problème avec le safran ! ».

On s’explique, on sort le safran de l’eau sur l’annexe, et le constat est sans appel : certes les bagues étaient usées et ça vaut le coup de les changer, mais le vrai problème est à l’intérieur du safran lui-même : le bois a gonflé, s’est abimé avec les années, et la mèche (la tige métallique) prend du jeu à l’intérieur. En version plus imagée, un safran, c’est 2 demi-ailes en bois collées autour d’une tige métallique centrale, et après 30 ans de bons et loyaux services, le nôtre commence tout doucement à s’ouvrir en deux. C’est la grosse tuile.

Premièrement, on est coincés ici pour un bon moment, probablement 2 semaines au moins. Deuxièmement, la réparation va nous coûter une fortune. Trop tôt pour le savoir, mais disons, à la grosse, le prix d’une semaine en famille à Disneyland. Troisièmement, il pleut. Tristes tropiques.

Inutile de dire que le moral à midi était plutôt sur « moyen-moins » (NDLR : on sait garder le sens de l’euphémisme en toute circonstance, sur VITAVI)

Mais haut les cœurs, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. Les contacts sont déjà pris avec des artisans et quelques copains qui s’y connaissent. On explore les différentes options techniques de réparation / remplacement. Dans l’action, déjà, le moral remonte. Les enfants sont d’humeur égale et vivent leur vie de marin sans broncher. Rosy, loin de demander le divorce comme elle aurait déjà pu le faire cent fois, tient le choc et le cap comme personne.

C’était la rubrique : « on ne va pas se plaindre, mais ce n’est quand même pas tous les jours comme sur le prospectus ».