Au pays des tortues

Malendure, 28-29 janvier

Jeudi 28, nous quittons la marina de Bas-du-Fort pour la dernière fois. Le vent est agréable et nous filons toute voile dehors vers le sud pour faire le tour de Basse-Terre, direction Malendure. Au passage de la pointe sud, le vent forcit sérieusement et nous prenons 2 ris pour attaquer la remontée de la côte sous le vent. Mais comme son nom l’indique, la côte sous-le-vent est protégée par les montagnes de Basse-Terre, qui perturbent les alizés. Après avoir vu le vent changer trois fois en force et en direction en 20 minutes, puis tomber tout à fait, nous finissons notre parcours au moteur.

Simon est le premier à se jeter à l’eau, et à ressortir aussitôt en 4ème vitesse : il y a deux énormes poissons sous le bateau ! N’écoutant que mon courage, et soucieux de jouer à fond mon rôle de père de famille modèle affrontant les dangers du monde, je plonge à mon tour, et c’est vrai que le spectacle n’est pas ultra-rassurant de prime abord. Deux très gros poissons, à la physionomie plus proche du requin que du poisson rouge, semblent accrochés à notre quille. Réflexion faite, il s’agit visiblement de rémoras, des poissons « ventouses » que l’on trouve en général accrochés à plus gros qu’eux, sur les carapaces des tortues en particulier.

Car la spécialité du mouillage de Malendure, ce sont les tortues. A peine à l’ancre, nous voyons des têtes sortir de l’eau ça et là autour du bateau. Palmes aux pieds, nous en débusquons 3 ou 4 en quelques minutes, qui broutent tranquillement autour de nous. Camille, qui n’en avait pas vu la dernière fois, est aux anges, et va même caresser longuement une des plus belles au moment où elle remonte en surface. La plus grosse des tortues est affublée de deux rémoras collés à sa carapace. Peut-être ceux qui étaient sous notre bateau tout à l’heure. Quand la tortue remonte pour respirer, les poissons se laissent glisser sous son ventre, puis reviennent sur son dos quand elle replonge.

Nous passerons 36 heures à Malendure, où nous sommes rejoints vendredi matin par MAUI. La baignade en masque et tuba autour des bateaux constituant l’activité principale, car en plus des tortues, il y a aussi de très beaux et très nombreux poissons et coraux. Seul drame : alors qu’un grand reportage photo était prévu, notre fidèle appareil étanche, cadeau de mon oncle Olivier, a bu la tasse pendant la baignade. J’avais peut-être mal refermé une trappe étanche, mais le mal est fait, et à l’heure où j’écris ces lignes, l’appareil est toujours aux soins intensifs sur la table à cartes, avec un pronostic vital très réservé. Je ne désespère pas de le faire remarcher, mais il ne retournera probablement jamais sous l’eau. En attendant, le service iconographie de ce blog est quelque peu au chômage technique. Toute la rédaction s’en excuse platement.