En attendant le boulon…

Marina de Pointe à Pitre, 9 janvier 2016

L’histoire ne se répète pas, mais dans la vie d’une famille en bateau, elle a une furieuse tendance à bégayer. Pour mémoire, nous sommes arrivés en Guadeloupe le 21 décembre avec une cadène d’étai cassée, et malgré la présence de l’artisan dès le 22, rien n’a vraiment avancé depuis.Nous sommes à nouveau entrés dans la quatrième dimension que nous pensions pourtant avoir laissée derrière nous à Canet en Roussilon : le monde merveilleux des travaux nautiques.

Artisan qui prend des vacances entre Noël et le nouvel an (il a bien le droit, le pauvre, et on ne va pas lui jeter la pierre du haut de notre année sabbatique), fournisseur qui est en retard pour fabriquer la nouvelle pièce pour cause de personnel en vacances également (normal en cette saison), boulon trop court pour fixer la nouvelle pièce plus épaisse (ça, quelqu’un aurait pu y penser avant, mais c’est la vie), référence des nouveaux boulons introuvable aux Antilles, et commandée en chronopost à La Rochelle (ça peut arriver), colis qui n’est toujours pas parti au bout de 3 jours, sans que personne ne sache pourquoi… Bref, si tout va bien, on répare lundi prochain 12 janvier, soit 22 jours après notre arrivée, c’est-à-dire plus long que la traversée elle-même ! Les plus attentifs d’entre vous auront noté au passage le « si tout va bien » : ça n’est encore jamais arrivé depuis 6 mois, mais sait-on jamais, peut-être que cette fois tout va se passer comme sur des roulettes. A suivre…

En attendant, on profite de nos vacances en Guadeloupe, avec ma mère qui nous rend visite une dizaine de jours. Jeudi, ballade à la pointe de Châteaux à l’extrémité Est de l’ile. La pointe du Raz locale, en quelque sorte, sur laquelle viennent briser les vagues après cinq mille kilomètres à travers l’océan.

Vendredi, journée exceptionnelle à la réserve naturelle de Malendure. Baptême de plongée pour presque toute la famille. Seule Agathe est trop petite. Pour Marion et Simon, c’est une vraie première fois, et une vraie réussite. Des petits champions du scaphandre sans peur et sans reproche. Comme dit le moniteur qui accompagnait Marion : « j’ai dû la retenir, sinon elle descendait directement à 40 mètres ! ». Pour Camille et les parents, c’est au minimum une deuxième fois, mais par rapport à une plongée en Corse ou en Bretagne, on est dans un autre monde : des poissons partout, de toutes les couleurs, au milieu des éponges, gorgones et autres coraux multicolores, c’était magique. Pour couronner la journée, nous sommes repartis avec nos masques et tuba, cette fois, essayer de trouver des tortues à quelques dizaines de mètres de la plage. Au moment où nous allions rebrousser chemin, miracle, en voilà une, puis deux, puis trois. Elles broutent l’herbe au fond de l’eau, et remontent à la surface de temps en temps, de leur nage gracieuse et majestueuse. Un spectacle inoubliable, dont même Agathe a profité cette fois-ci, juchée sur le dos de Papa, avec ses lunettes de piscine.

Aujourd’hui, expédition dans la forêt tropicale et pique-nique au bord d’un torrent. Le terrain est bien boueux à cause des fortes pluies de ces derniers jours, mais cette forêt dense et sombre, ce torrent limpide, baignés par les cris des animaux de toute sorte donnent vraiment un sentiment de dépaysement extraordinaire. Et côté température, ça nous change aussi. Pour la première fois depuis longtemps, on n’aurait pas dit non à un petit pull. Retour à la marina pour le goûter avec l’idée de se faire un bon chocolat chaud… pour finalement crever de chaud tout le reste de la journée dans les 35 degrés du bateau ! Au bord de la mer, contrairement à la montagne, il avait fait beau toute la journée.

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Demain, carnaval à Gosier, lundi, chantier sur la bateau puis, croisons les doigts très forts, une petite sortie à la voile mardi ou mercredi, avant que ma mère ne reparte. Bonne année 2016 à tous.