Quand on aime, on ne compte pas

Article reçu par satellite et publié par Carine.

13 décembre – N16°27’ W47°09’

Allo la terre, ici fusée lunaire. Nous sommes orbite sur l’océan Atlantique depuis un temps indéterminé maintenant. Les journées s’écoulent tranquillement au rythme des vagues et du vent. Nous avons adopté un rythme inverse à celui des escales, en mettant les séances d’école l’après-midi. Du coup, le matin ,les enfants ont tout leur temps pour jouer aux légo, lire (Camille, surtout), rêvasser, écouter de la musique, etc. Les nuits sont longues mais pas particulièrement dures car le temps est calme et assez stable. Nous nous alternons par quarts de 3 heures. Je commence à 20 heures, et Rosy termine à 8h le lendemain. Nous n’avons pas vu un bateau (de visu ou à l’AIS) depuis une éternité.

Et heureusement que ça nous plait, car les éléments se liguent pour nous offrir quelques jours de traversée en extra ! On a d’une part le vent qui s’est fait la malle depuis 2 jours. Au lieu d’Alizés vigoureux à force 5, on a un petit force 3 bien pâlichon, et même de temps en temps le calme plat. Et d’autre part, on a subi le 11 décembre notre énième incident mécanique, avec la casse d’une pièce à l’avant du bateau sur laquelle se fixe l’étai (le câble qui tient le mat vers l’avant, et porte le  génois). Pas de danger pour la sécurité ou la solidité du mat (que nous avons consolidé avec d’autres câbles), mais par contre nous ne pouvons plus utiliser le génois, qui est notre voile la plus utile sur une transatlantique. C’est un gros coup dur pour notre vitesse moyenne, qui est tombé de 6 gros nœuds à 4 petits nœuds (et encore moins quand le vent tombe complètement, bien sûr).

Cette avarie qui nous tombe dessus exactement au milieu de l’océan (nous venions de passer la barre des 1000 milles restant à parcourir) va donc rallonger la traversée de quelques jours. Tout dépend évidemment du vent, mais grosso modo, on peut estimer une arrivée aux Antilles disons vers le 22-23 décembre. Il faudrait éviter de trop dépasser, car nous n’avons pas vraiment prévu ce qu’il faut pour que le père Noël passe sur le bateau 😉

Côté vivres et eau, nous avons encore de quoi tenir un siège, donc aucune inquiétude à ce niveau. On essaie donc de prendre les choses du bon côté et de profiter de cette ballade océanique le temps qu’elle dure, sans se focaliser sur la date d’arrivée.