Toujours plus à l’ouest

Article reçu par satellite et publié par Carine.

Nuit du 8 au 9 décembre – N17°00′  W37°24′

Cette nuit, nous franchissons le tiers de la distance. Déjà plus de 700 milles parcourus, et un peu moins de 1 400 à courir d’ici la Martinique. On prévoit donc toujours une arrivée autour du 18-20 décembre.

Après les deux, trois premiers jours sous génois seul, le vent a baissé et nous avons donc sorti la grand-voile et tangonné le génois (en gros pour les néophytes : on tient le bout de la voile avec une grande barre métallique pour éviter qu’elle ne se dévente et batte). La progression est variable selon les jours. Au pire moment, on s’est retrouvé à 3 noeuds, c’est-à-dire la vitesse d’un homme qui marche ! Et encore, pour tenir cette vitesse, nous devions nous écarter un peu de la route, et donc faire un détour. Si ça continue, la Martinique, nous y arriverons à pied par la Chine !

À bord, la vie s’organise tranquillement. Les enfants jouent le matin et font l’école l’après-midi, Rosy nous sort un nouvel épisode de MasterChef matin, midi, et soir, et moi, je barre relativement beaucoup pour soulager les panneaux solaires qui souffrent du temps nuageux. Ça, c’est une des surprises de la traversée. Nous sommes depuis le départ du Cap Vert sous une sorte de brume un peu marron, visiblement chargée en sable du Sahara (il se dépose sur le bateau). Par contre, quand le soleil sort, ça cogne ! Il faut dire qu’on est déjà à la latitude des Antilles.

L’autre grande activité, c’est la pêche. les lignes sont à l’eau tous les jours, et nous avons pêché deux poissons en deux jours. Un spécimen d’une espèce inconnue, délicieuse au four, et une belle daurade coryphène de 80 cm cuisinée en filets moins d’une demi-heure après être sortie de l’eau. Hier et aujourd’hui par contre, nous sommes restés bredouilles. Peut-être aura-t-on droit à la pêche miraculeuse pour l’anniversaire de Simon ?

Plus croisé un seul bateau (ni visuel ni à l’AIS) depuis trois jours. Nous sommes seuls sur notre coquille de noix au milieu de l’océan immense. Les nuits sont sans lune et ça fait une drôle d’impression de voir le bateau foncer droit devant lui dans le noir complet, à mille milles de toute terre habitée.

On pense bien à vous tous. À très bientôt.