La Transat, infos pratiques

Arrecife – 17 novembre

Demain mercredi, nous quittons les Canaries en direction de La Martinique.

Sur le plan de la navigation, ça représente un peu plus de 5 000 kilomètres, que nous avalerons en 3 semaines environ. On imagine donc arriver à la Martinique autour du 10 décembre. La traversée de l’Atlantique dans ce sens et à cette saison est en théorie relativement simple, car on a les vents dominants dans le dos (les alizés). La stratégie sera donc dans un premier temps de descendre vers les sud-ouest pour venir « froler » les iles du Cap Vert (à quelques centaines de kilomètres, quand même), puis d’obliquer vers l’ouest. Ensuite c’est tout droit !

De par notre inscription à l’Atlantic Odyssey, nous sommes équipés d’un tracker, un GPS capable d’envoyer chaque jour par satellite notre position. Ainsi, en visitant la page « track the boats » de l’Atlantic Odyssey, vous pourrez voir jour après jour notre progression, comme sur le site du Vendée Globe ou de la route du Rhum (oui, je sais, on va un peu moins vite qu’eux). Trois commentaires concernant le tracker :

  • C’est un appareil électronique, à pile, et qui doit être activé chaque jour manuellement. Donc il peut tomber en panne, tomber à l’eau, ne plus avoir de pile, ou le skipper peut avoir la flemme de le sortir de sa boite pendant un jour ou deux. N’oubliez pas que l’absence de mise à jour du pointage sur le site internet ne doit en aucun cas être interprétée comme un problème. Nous avons une balise de détresse à bord (qui n’a rien à voir avec le tracker, voir plus bas), tant qu’elle n’est pas activée, c’est que tout va bien.
  • La plupart des bateaux de l’Atlantic Odyssey sont plus gros que nous, avec des meilleures voiles de vent arrière, et souvent plus d’adultes à bord pour se relayer (et donc faire cravacher la bête jour et nuit). Ne soyez donc pas étonnés si nous nous retrouvons assez rapidement en queue de peloton, ça ne sera pas une surprise.
  • Pour ceux qui ont l’habitude de nous suivre via notre trace AIS, je vous rappelle que ça ne marchera pas pendant la transat, et que c’est normal (portée AIS limitée à 50km)

Concernant la communication :

  • C’est le black-out pendant 3 semaines : nous ne sommes plus joignables ni par téléphone, ni par mail.
  • Nous enverrons des nouvelles régulièrement par satellite à Atlantic Odyssey, qui les publiera sur son site internet.
  • J’essaierai de faire passer un ou deux articles sur le blog, par satellite également. Le blog reprendra ensuite son cours normal après l’arrivée.

Enfin, pour les plus inquiets, en ce qui concerne la sécurité, je rappelle que :

  1. Une transat par les alizées, ce n’est pas le Cap Horn
  2. Vitavi est un excellent bateau, solide et marin, que nous connaissons maintenant bien après près de 4 000 kilomètres déjà parcourus depuis notre départ de Canet en Roussillon, et il a passé avec succès l’inspection de sécurité de l’Atlantic Odyssey
  3. Nous portons la plupart du temps nos gilets de sauvetage (les enfants, toujours) et sommes attachés systématiquement la nuit, et souvent aussi, par habitude, en journée
  4. Nous embarquons de tout un tas d’équipements de sécurité ultra-modernes dont Tabarly n’aurait même pas imaginé l’existence :
    • Un téléphone satellite pour recevoir la météo, donner des nouvelles succinctes, et si besoin faire une consultation médicale à distance (on a un véritable hôpital de campagne à bord, et on sait suturer les pieds de cochon !)
    • Un AIS pour voir et être vu des autres bateaux, et un même un radar en plus.
    • Une radio dernier cri qui sait émettre des messages de détresse automatiques, numériques, catharsistiques, et toute la clique
    • Une balise de détresse, qui déclencherait en quelques secondes une alarme dans un centre français (avec notre position), lequel organiserait les secours en quelques minutes
    • Et bien d’autres…
  5. Il y a un monde fou sur l’océan à cette période (40 voiliers de l’Atlantic Odyssey, 200 voiliers de l’ARC, tous ceux qui traversent en autonomie, les cargos, les paquebots de luxe qui rejoignent les Antilles pour l’hiver, et j’en passe), et tout ce petit monde se porterait immédiatement à notre secours en cas de problème
  6. Et si ça ne suffit pas, nous sommes sous la protection officielle et bienveillante de la vierge noire de Rocamadour, dont la réputation n’est plus à faire en ce qui concerne le salut des marins!

Bref, pas d’inquiétude (vous avez déjà assez de raisons de vous inquiéter au quotidien sans nous, malheureusement), et rendez-vous dans 3 semaines environ.