Transat-Land

Marina Rubicon – Lanzarote, 1-3 novembre

Avant de rejoindre Arrecife d’où partira notre transat, nous passons encore quelques jours avec les copains (qui eux, partiront ensuite vers les iles du Cap Vert) en commençant par une escale à la marina Rubicon, à l’extrême sud de Lanzarote. C’est une marina récente et moderne, avec tout le confort sur le ponton : laverie, bars-restaurants, piscine, boutiques, location de voiture, etc… La bande d’enfants se régale sur ce nouveau terrain de jeux, les mamans se régalent à la laverie, et les papas bricolent sur le ponton, en échangeant d’un air grave avec les autres mâles du quai sur la segmentation de pistons, la quantité de poulies de rechanges à emmener en transat, ou les vertus comparées des bières portugaises et espagnoles.

Ce qui est frappant aux Canaries, c’est le côté « transat-land ». Beaucoup de bateaux arborent un pavillon (un drapeau, pour les néophytes) de l’ARC, le plus gros rallye transatlantique, qui fête cette année ses trente ans. Et puis surtout, une bonne partie des équipages sont ici pour préparer leur traversée, et on rencontre sur les pontons tout un tas de profils « typiques » :

  • L’équipage familial sympa, souvent français, beau, bronzé et détendu, abordant l’épreuve avec humilité, certes, mais aussi force et sérénité sur son bateau modeste mais solide, généralement un monocoque des années 80 de 40-45 pieds, racé mais confortable (il faut que je continue ou vous avez reconnu ?)
  • Le type sûr de lui qui, à peine monté sur votre bateau, commence à passer en revue chaque poulie, chaque écoute et chaque instrument en prenant un air horrifié et disant avec condescendance, et en général avec également un sympathique accent de Bavière du sud (ou de Hambourg, je ne suis pas sectaire): « tu vas tout remplacer par du neuf avant le départ, bien sûr ? »
  • Le super expert local, qui vous indique tous les meilleurs plans de l’ile, les magasins où trouver chaque article au meilleur prix pour préparer la traversée dans les meilleures conditions, et dont on comprend assez vite qu’il est aux Canaries depuis près d’un an, n’a jamais osé se lancer dans la traversée, et en fait ne le fera jamais (d’ailleurs son bateau est à vendre).
  • Et bien sûr, l’éternel couple de retraités anglais dans leur énorme bateau de voyage, buvant tranquillement leur thé avec le même air flegmatique et rougeaud que ceux rencontrés en Corse, en Sardaigne, aux Baléares, en Espagne, à Gibraltar et à Madère. Le couple de retraités anglais, c’est le Mc Donalds, de la grande croisière : où que vous soyez, vous êtes sûr de trouver exactement les mêmes, et ça, c’est drôlement rassurant.

Après 3 jours de ce traitement, et Rosy ayant déjà épuisé les 40 kilomètres de pistes locales pour son footing matinal, nous décidons de larguer les amarres pour aller nous remettre au mouillage sur l’ile Lobos, au nord de Furteventura, juste en face. Ensuite, ce sera cap sur Arrecife.

Cap'tain Renan du Krysfil à la rescousse de notre moteur d'annexe
Cap’tain Renan, du Krysfil, à la rescousse de notre moteur d’annexe