C’est une plage bleue, adossée à la colline…

La Graciosa, Canaries, 28-30 octobre

Après la vie à 2 familles à Madère, l’ambiance commence, pour ces premiers jours aux Canaries, à tourner gentiment à la communauté hippie. A ce rythme-là, arrivés en Martinique, on va acheter 2 chèvres, se laisser pousser les cheveux, et vendre des meubles en rotin sur les marchés.

Au mouillage à La Graciosa, nous avons retrouvé Maui (3 enfants) en arrivant, et été rejoints quelques heures plus tard par Krysfil (4 enfants) et Didjeridoo (2 enfants). C’est donc une tribu de 13 enfants français qui possession de la « Playa Fransesca » la bien nommée. La météo, automnale depuis Gibraltar, se met enfin de la partie et on assiste avec plaisir au grand retour de l’été. Rangés au fond des coffres depuis les Baléares il y a un mois, les palmes, masques et tubas sont de sortie, et l’annexe est gonflée. Au programme : école le matin, plage ou randonnée l’après-midi. On fait même un peu de voile légère avec la « survie dynamique » de Didjeridoo, une sorte d’optimist fabriqué maison par Arno, le skipper.

Jeudi soir et vendredi soir, grand pique-nique sur la plage avec feu de camp improvisé, et quelques invités supplémentaires d’autres bateaux au mouillage. Le second soir, on a amené le guitalélé* et le diner vire à la veillée scoute jusque tard dans la nuit. C’est d’ailleurs étonnant de constater que malgré les différences de projet (taille du bateau, durée du voyage, parcours…), il y a quand même quelques invariants dans les caractéristiques des familles rencontrées. En particulier, quasiment tous sont ou ont été scouts ! Etonnant, non ? Peut-être pas tant que ça en fait.

Samedi, c’est le retour de l’automne avec un temps de cochon toute la journée, pluie et froid. Nous passons la journée à tourner de bateau en bateau en enchainant apéro, café, gouter, apéro encore (ben oui, le climat est rude), et pour finir diner au coin du feu sur Didjeridoo, dont les 15 mètres d’acier sont prévus pour affronter confortablement toutes les saisons sur toutes les mers du globe.

C’est la vie au mouillage avec les « bateaux copains », telle que la plupart des récits de voyage la décrive, et il faut dire que c’est plutôt agréable, même si ce n’est bon ni pour le sommeil ni pour le foie. De ce côté-là, ça fait un sacré changement car d’habitude, sur Vitavi, la palette des vices est drastiquement limitée : pas de cigarettes à bord, très peu d’alcool, bref, nous ne pouvons compter que sur nous-même. La vie en « communauté d’équipages » change assez drastiquement la donne à l’heure de l’apéro où chacun amène et partage ce qu’il a à bord. On ne tiendrait pas forcément une année entière à ce rythme, mais comme on sait qu’ensuite, c’est 3 semaines en vase clos pour la transat, on en profite à fond.

Playa Fransesca
Playa Fransesca
La même, au soleil couchant
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Au menu: brochette de filles au feu de camp
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Les scouts ont mis la flamme au bois résineux...
Les scouts ont mis la flamme au bois résineux…
Séance cinéma sur Vitavi
Séance cinéma sur Vitavi
Maui quitte le mouillage, à dans 2 jours à Rubicon
Maui quitte le mouillage, à dans 2 jours à Rubicon

(*) Fruit des amours contre nature de la guitare et du ukulele, le guitalele est, auchoix, un ukulele à 6 cordes (au lieu de 4), ou une mini-guitare. On a l’avantage de l’encombrement ultra-réduit, sans avoir besoin d’apprendre des nouveaux doigtés puisque ça se joue exactement comme un guitare. Merci maman pour ce beau cadeau de Noël.