Renards, ratons-laveurs, dauphins, poissons volants, pigeons…

Majorque à Ibiza – 21-22septembre 2015

Notre première nuit mouillés « cul au rocher » s’est très bien passée, et nous profitons de la matinée, presque seuls dans cette minuscule calanque. Vers midi, le vent tourne et se renforce, ce qui nous oblige à changer de côté dans la calanque, puis finalement à quitter le mouillage juste après le déjeuner, direction le port de Cala d’Or, à 20 minutes de là.

Dans cette superbe marina majorquine grand luxe, inutile de dire que les bateaux de voyage type VItavi (25 ans d’âge, filets aux filières, panneaux solaires, linge qui sèche, etc…) ne sont pas légion. Qu’à cela ne tienne, pour profiter gratuitement de quelques heures de ponton, nous mettons en œuvre la technique dite du rusé renard français en tour du monde, dévoilée ici en exclusivité.

  1. Avant d’arriver, appeler à la VHF pour dire (en anglais, avec une pointe d’accent allemand si possible, ça rassure le préposé du port sur son futur pourboire) : ici Vitavi, voilier de 13 mètres, nous cherchons une place, merci
  2. Vous amarrer sur le ponton indiqué, et seulement une fois bien en place, expliquer au préposé susnommé que vous comptez juste vous arrêter une paire d’heures pour faire du ravitaillement et prendre du carburant, et que vous n’aurez besoin ni d’électricité, ni d’eau. La mort dans l’âme, mais poli, il vous demandera alors de partir avant 16 heures car il a absolument besoin des places pour le rush des arrivées.
  3. Tenez-vous prêt à appareiller à partir de 16 heures, mais sans stresser outre mesure, car un 20 septembre,  il y a peu de risque qu’i revienne vous mettre dehors avant 16h30 bien sonnés.

Le tour est joué, nous profitons de ces 3 petites heures pour récupérer les mails et la météo, mettre en ligne le blog, jeter les poubelles, et surtout pour nous transformer en ratons-laveurs, avec une grande séance douche + lave-linge, plus que nécessaire à ce stade du voyage.

Vers 17 heures, c’est le départ pour Ibiza, où nous espérons arriver demain midi. Le vent est assez fort ce soir, et par prudence nous envoyons les voiles à 2 ris. On se traine un peu, mais c’est plus sécurisant en ce début de nuit. Ça ne nous empêche pas d’être assez secoués et de prendre quelques paquets de mer. L’occasion de constater une fois de plus qu’il vaut mieux penser à fermer les hublots avant de débuter une traversée. Après Simon la dernière fois, c’est Agathe qui a son lit trempé ce coup-ci.

Pendant la nuit, le vent faiblit et nous renvoyons toute la toile vers minuit. Le vent revient ensuite un peu, ce qui nous voue de longues heures de belle cavalcade à 6-7 nœuds au près : ça marche fort. Pas mal de bateaux aussi dans cette zone au sud de Majorque. Entre les voiles et le trafic, les quarts sont donc plus actifs que la traversée précedente.

Le matin, le vent tombe, et nous finissons par mettre le moteur pour les 4 dernières heures vers Ibiza. C’est à ce moment qu’arrive la rencontrer exceptionnelle que nous attendions depuis le début du voyage : « Dauphins à tribord ». Tout l’équipage est immédiatement sur le pont, et sur cette mer d’huile, nous passons trois quarts d’heures à accompagner différentes bandes de dauphins. Ils sont nombreux dans cette zone, et se baladent par groupe de 2 à 8. Plusieurs fois, des groupes viennent nager devant l’étrave. Ils nous regardent, nous font de petits coucous, puis repartent. Comme la mer est très calme, on les voit parfaitement sous l’eau, c’est vraiment un spectacle magnifique. Cerise sur le gateau, on trouve même sur le pont un poisson volant, qui a dû tomber là pendant la nuit. Décidément, c’est la matinée des grandes premières « comme dans les livres ».

Arrivés sur l’ile d’Ibiza en milieu de journée, après une petite séance de baignade cala Boix, nous mettons le cap sur le port de Sainte Eulalie, où nous comptons nous abriter du petit coup de vent du nord prévu pour cette nuit. Arrivés au bureau du port, nous découvrons la spécialité locale d’Ibiza : le pigeon plumé. Dans son bureau d’accueil très chic, l’aimable hôtesse m’explique qu’elle n’a plus de places de 15m ( ?!? mon bateau en fait 13) et que donc elle me propose le tarif 16 mètres, exorbitant. Deuxième étape, je lis en petits caractère que c’est hors taxe, électricité et eau en sus. Devant mon étonnement, elle m’explique qu’à Ibiza même, c’est 3 fois plus cher et que je devrais être content. C’est tout vu, on sort du port pour se mettre au mouillage à 100 mètres de là juste devant la plage. Débarquement en annexe pour aller manger quelques tapas, puis excellente nuit, parfaitement abrités du vent, qui arrive vers 5 heures du matin comme prévu. On aura sûrement des dizaines d’occasion de se faire pigeonner pendant ce voyage, mais au moins, ça n’aura pas été pour ce coup-ci : on a les petites victoires qu’on peut.

Au programme aujourd’hui : école puis après-midi à terre. Demain, cap sur Formentera, où nous resterons 2-3 jours, avant de traverser vers Alicante en Espagne, vraisemblablement dans la nuit de dimanche à lundi (à confirmer en fonction de la météo).

Cala Mitjana: trop dure la vie
Cala Mitjana: trop dure la vie
Dauphins!!!
Dauphins!!!
il est beau!
il est beau!
Premier poisson volant
Premier poisson volant