Arrière-saison minorquine

19 septembre 2015

On quitte Mahon après le petit déjeuner par un temps plutôt maussade. Dans le sens de la sortie, la rade est toujours aussi jolie. Le vent est Nord-Est force 4, on sort donc à fond au portant en direction de la pointe sud-est de Minorque, dans une mer un petit peu formée. Grosse frayeur au passage de la pointe, alors que l’équipage se préparer à empanner (NDLR : faire changer la voile de côté en ayant le vent dans le dos, manœuvre toujours assez dangereuse dans la brise car la bôme risque de passer violemment d’un bord sur l’autre), Agathe nous gratifie d’un magnifique saut périlleux dans la descente. Heureusement, plus de peur que de mal pour notre moussaillon acrobate.

Passée la pointe c’est du bonheur : le vent est toujours soutenu, mais la mer est plate comme un lac, le soleil brille, la côte est belle : vive la croisière. On file à 8-9 nœuds jusqu’à la cala d’Aves. Une vraie calanque de carte postale avec falaises blanches et eaux turquoises. Nous inaugurons à l’occasion la manœuvre typiquement méditerranéenne dite du mouillage « cul au rocher » en allant porter une amarre à terre pour immobiliser le bateau. Seules invitées pas signalées sur la carte postale : les méduses. La crique en est infestée et il est de fait pratiquement impossible de se baigner. En deux coups de pagaie, nous rejoignons en annexe le fond la calanque, où de nombreux étudiants espagnols se baignent en ce samedi, apparemment sans se faire piquer toutes les cinq minutes. Effectivement, très peu de méduses dans cette zone, et avec les masques et les tubas, on arrive à les garder à l’œil tout en se baignant.

A l’heure du goûter, on repart pour rejoindre un mouillage plus sûr pour la nuit, en l’occurrence la cala Galdana, un peu plus à l’ouest. Là aussi, paysage de carte postale. Plages de sable blanc, petit ilot sauvage au centre de la crique, où nous prenons une « cervesa » avant le diner, même les imposants  hotel-clubs au fond de la baie sont à peu près agréables à regarder. On se régale, en pensant qu’un mois plus tôt, les mêmes criques étaient très certainement plus que bondées, et pour tout dire invivables. Nous terminons décidément cette arrière-saison minorquine sur une très bonne impression.

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