Des fourmis dans le safran

Jeudi10 septembre 2015

La nuit tombe pour la troisième fois sur le mouillage de Chevanu. Notre ancre n’a pas bougé depuis plus de 48 heures, d’ailleurs, elle est tellement enfouie dans le sable qu’on ne la voit plus. Pourtant, avec 4 mètres d’eau à peine et pas une vaguelette, on peut quasiment compter les grains de sable sous la quille. Pour ceux qui ont plutôt tendance à mettre le nez en l’air, on est également sous l’axe de piste de l’aéroport de Figari, ce qui nous vaut un joli spectacle. Et on a aussi eu droit chaque jour (ainsi qu’aux Lavezzi) à des patrouilles de Rafale en passage bas rapide, mode « on va lui friser les moustaches, à la tour ». Visiblement, ça s’entraine du côté de Solenzara.

Ces deux journées complètes au même mouillage nous ont permis de lancer l’école, de nous reposer (et soigner tant bien que mal le méchant torticolis du skipper), et d’une certaine façon de basculer dans le nouveau rythme de cette année. On n’est plus en vacances, on est rentrés dans notre année sabbatique, et on essaie de construire ce qui fera son équilibre entre le quotidien de la vie sur un bateau, où tout prend beaucoup de temps (préparer à manger, faire la vaisselle à l’eau de mer, bricoler les mille et une choses qui le nécessitent…), l’école, qui est un nouveau métier pour nous (bravo rétrospectif à toutes les maîtresses !), le projet (c’est pas tout ça, mais il va falloir avancer, quand même), et la détente. Ben oui, quand on prend une année sabbatique, si on commence à culpabiliser dès qu’on passe 20 minutes à bronzer sur la plage, on ne risque pas d’aller très loin !

Donc cet après-midi, c’était plage. Jeux divers pour les enfants, footing dans le maquis pour Rosy, et farniente pour moi. Une pensée particulière pour mes collègues qui, si j’en crois les mails que je reçois encore à l’occasion, étaient aujourd’hui à Hamburg pour travailler sur l’optimisation de la mesure d’impédance des points de métallisation de l’A350 (ne rigolez pas, c’est un sujet super sérieux, et accessoirement bougrement intéressant). Courage, les gars !

Mais Vitavi commence à avoir des fourmis dans son safran. Demain, retour sur Bonifacio et une escale de quelques heures pour faire les pleins, et une lessive si on est courageux (enfin, courageuse, pour être honnête), et ensuite cap sur la Sardaigne et l’archipel de la Madalenna. Le programme est ensuite, en très gros : 3-4 jours en Sardaigne, traversée vers les Baléares en milieu de semaine prochaine, une dizaine de jours aux Baléares, puis descente vers Gibraltar à partir du 26/27 septembre environ.

Nous quittons donc la France demain, ce qui veut dire aussi un contact moins facile, et une mise à jour moins fréquente du blog, puisque que nous ne pourrons plus utiliser en douce ma ligne professionnelle pour nous connecter (merci patron !). N’hésitez pas à nous envoyer des mails, mais ne soyez pas trop impatients pour les réponses.

Fier équipage devant sont fier navire
Fier équipage devant sont fier navire