Première traversée

2 au 4 septembre 2015

Mercredi 2 septembre 2015, 18h30. C’est la date que nous retiendrons comme le vrai départ de notre voyage. C’est en effet à 18h30 pétantes que Vitavi a quitté fièrement Canet en Roussillon, et mis le cap sur la Corse. Un peu d’émotion, bien sûr, mais en fait pas tant que ça car tout est allé très vite. Au-revoir à nos amis la famille Noël rencontrés la veille, adieu à Marc (l’artisan qui a travaillé sur le bateau) en passant devant son ponton, et c’est parti. La navigation est simple : c’est tout droit ! Cap au 105°, pendant 280 milles, soit 2 jours et 2 nuits voire un peu plus.

Les lecteurs un tant soit peu expérimentés sur les choses de la mer sont tous en train de se dire : «  ce n’est pas sérieux, on ne part pas comme ça le soir dans la précipitation, ils auraient dû attendre sagement le lendemain matin ». C’est vrai, mais on n’en pouvait plus de Canet, il fallait qu’on mette le cap au large.

Et donc, comme les lecteurs sus-cités s’y attendaient, après une première heure euphorique, l’arrivée de la nuit a rapidement refroidi le fond de l’air et l’ambiance, et mis à mal les estomacs. Heureusement, la météo était plutôt clémente avec un vent calme dans notre arrière pour ce qui allait rapidement devenir une nuit en solitaire (j’exagère, Rosy a pris son quart pendant une bonne heure, quand même). Vers 2 heures du matin, on a rentré le génois, qui battait et déstabilisait le bateau plutôt qu’autre chose (la nuit on ne voit pas ses voiles, et au grand largue, ce n’est vraiment pas évident de les garder bien gonflées). Du coup, les mouvements étaient plus doux, et même si on perdait 1 nœud, c’était nettement mieux pour l’équipage.

A partir de quatre heures du matin, nous sommes poursuivis à bonne distance par un front orageux avec pas mal d’éclairs. Je renvoie de la toile pour accélérer un peu. Ca n’empêchera pas les nuages de nous rattraper si c’est leur trajectoire, mais si au moins on tient jusqu’au lever du jour, on sera quand même un peu plus à l’aise pour se les prendre sur le coin du nez. Et ça paye, car la pluie ne nous atteint que vers 7 heures, d’abord avec un vent fort sans plus (on file à 8 nœuds et au delà, « dans les descentes »), puis un renforcement brutal du vent et de la pluie, sous lesquels je préfère tout affaler sagement et continuer au moteur, vaillant sous les trombes de flotte jusqu’à 11 heures du matin.

La journée du jeudi se passe ensuite tranquillement, sous voile. Rosy aperçoit un dauphin qui ne fait que passer, on croise quelques bateaux, on chante, on joue aux cartes, avec la mer sur 360 degrés d’horizon. Le problème du skipper, à cet instant, c’est que les chiffres sont sans appel : si on continue à ce rythme, on n’arrivera pas en Corse avant le milieu de la nuit de vendredi à samedi. Et comme je n’ai aucune envie de me taper les bouches de Bonifacio à 3 heures du matin, ça veut même dire ralentir pour n’arriver que samedi matin. 3 nuits en mer pour la première traversée, ça commence à faire beaucoup. Après le diner, on allume le moteur pour mettre le bateau à 7 nœuds (alors qu’on n’allait qu’à 4-5 nœuds à la voile), il le restera pour les 22 prochaines heures. Pas romantique, mais efficace.

La deuxième journée, au moteur, se passe sans événement notable, mais sans ennui non plus. On aperçoit la Corse et la Sardaigne en milieu de journée, et à 19 heures, nous sommes au mouillage dans la superbe crique de Rocappina, entre TIzzano et Bonifacio. Tout le monde à l’eau pour une grande baignade avant le diner, et ensuite un gros dodo bien mérité. Cette fois ça y est, nous sommes partis.

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Quand Est-ce qu'on arrive?
Quand est-ce qu’on arrive?
la Corse, c'est trop bien
la Corse, c’est trop bien
Et une traversée, une!
Et une traversée, une!