Chambre d’hôtes vue sur mer

5 au 8 septembre 2015

Y a pas à dire, Bonifacio, c’est un peu plus chic que Canet en Roussillon ou Argelès sur mer. Ca se mesure en particulier à la taille des yachts qui fréquentent le port en cette fin de saison. Pour les maris qui cherchent une idée de cadeau pour leur épouse (ou qui étaient de garde le soir de leur anniversaire de mariage par exemple), certains de ces yachts comme Clear eyes (voilier de 43 mètres) ou 2 ladies (moteur, 46 mètres) louent des cabines à la semaine pour des sommes modiques.

Ceux qui cherchent plus et mieux que des vacances de footballeurs peuvent même embarquer sur Vitavi : 13 mètres 20, pas de télé, pas de congélateur, pas de playstation, eau douce rationnée… c’est le dépaysement garanti.C’est ce choix audacieux qu’avaient fait ma belle sœur et mon beau frère pour terminer leurs vacances.

Après une navigation à la voile sans histoire, nous les retrouvons samedi 5 vers midi au port de Bonifacio. Le site est vraiment superbe et on profite de l’après-midi pour visiter. Le programme prévoyait de partir dimanche vers la côte est de la Corse pour s’abriter du fort vent d’ouest, mais le skipper, raisonnable (on ne dit pas poltron, dans la marine), a préféré octroyer une journée de relache de plus à l’équipage, car ça soufflait vraiment fort, et en plus le passage de la pointe sud de la Corse, sans être la Bretagne Nord, comporte quand même son quota de cailloux perfides et récifs agressifs. On en profite pour aller à la plage avec la voiture de location de Lucile et Gaël.

Lundi matin, c’est bon ! Par contre ce coup ci, c’est la pétole totale, pas de vent. Qu’à cela ne tienne, c’est au moteur que l’on rejoindra les iles Lavezzi et la célébrissime Cala Lazarina. Comme toute crique célébrissime, son petit défaut est sa fréquentation (même début septembre), mais en arrivant très tôt, nous réussissons à poser notre ancre à une assez bonne place, dans 4 mètres d’eau turquoise… avant de voir un 53 pieds bourré d’Italiens forcer le passage et mouiller à un mètre cinquante de nous ! Ils ont en plus la délicatesse de laisser le groupe électrogène tourner pendant tout l’apéro, c’est mieux pour l’ambiance. De notre côté, on laisse les enfants se disputer bruyamment sur le pont : œil pour œil…

Les départs de fin d’après-midi nous permettent de nous décaler un peu pour nous éloigner des rochers et envisager de passer une nuit paisible au mouillage. Le vent souffle tranquille de l’ouest force 2, et doit passer nord est dans la nuit, mais les rochers dans notre sud-ouest sont loin, pas de danger(faites un dessin si vous ne comprenez pas). Ca ne nous évitera tout de même pas de nous faire réveiller à 4 heures du matin par le bruit du safran qui frotte dans le sable. Les rochers sont loin, certes, mais les fonds remontent plus vite que ce qu’on avait cru voir la veille. On raccourcit un peu la chaine, et tout rentre dans l’ordre, mais on est quitte pour surveiller jusqu’au lever du jour. D’ailleurs, vu le nombre de lampes torches qui se baladent dans la crique, on est loin d’être les seuls.

Départ à 6h30 avant le lever du soleil, car nos invités doivent repartir à Bastia prendre leur avion. Nous les quittons avec émotion, puis, après quelques heures d’escale à Bonifacio (ponctuées de jolis spectacles de « bateaux tamponneurs » dans ce port exigu perturbé par un fort vent d’est), nous repartons à la voile. Le vent souffle fort de l’est-Nord Est et, filant à 8-9 nœuds sous génois seul, nous rejoignons en moins de 2 heures l’anse de Chavannu, où nous dormons ce soir.

arrivée au port musclée
arrivée au port musclée

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Lavezzi côté pile
Lavezzi côté pile
Lavezzi côté face
Lavezzi côté face
Côtes d'Armor? Non, c'est la Corse
Côtes d’Armor? Non, c’est la Corse